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L’origine du blé

Au début du Néolithique, c’est au Moyen Orient que le blé a d’abord été récolté à l’état sauvage comme un produit de la cueillette, dans le « croissant fertile » (actuels Liban, Syrie, Sud de la Turquie) où subsistent à ce jour des blés sauvages. En raison de sa valeur nutritive, le blé s’impose, dès 4 000 ans avant J-C, comme une base de l’alimentation en Europe, en Afrique du Nord ainsi que dans une grande partie de l’Asie.

Les premières cultures de blé sont apparues au VIIe av. J.C. en Mésopotamie et dans les vallées du Tigres et de l’Euphrate. Elles furent à l’origine de bouleversements majeurs pour les sociétés humaines : puisque l’homme sait maintenant produire sa propre nourriture, désormais sa survie est moins dépendante de son environnement. L’agriculture marque aussi le début du commerce.

La culture du blé est beaucoup moins difficile que celle du riz : elle ne demande pas d’aménagement spécial du champ ni un trop lourd travail d’entretien. Entre la période des labours-semailles et celle de la moisson, les travaux sont plutôt réduits. Après la récolte, le blé, à la différence du riz, ne demande pas d’opération spéciale comme le décorticage. Les pays reposant fortement sur la culture du blé comptent moins de travailleurs que les régions du maïs et du riz.

Dans un premier temps, le blé semble avoir été consommé cru puis grillé. La pratique du grillage ou de la torréfaction semble avoir été largement pratiquée et ce très tôt. Elle améliore la conservation des grains en augmentant la déshydratation, Elle permet de sauver les grains gâtés ou moisis car cueillis avant maturation complète et encore humides. Enfin, elle donne une saveur plus agréable aux grains car elle produit, par caramélisation, un goût sucré plus doux.

L’innovation importante qui suivit fut la cuisson proprement dite. Elle fut rendue possible avec l’invention de la poterie qui se situe vers 8000 à 7000 ans av. J.C. . Les céréales ainsi traitées sont plus faciles à digérer car ceci libère des sucres qui sont absorbables par le tube digestif. On constate que le ramollissement des grains a considérablement réduit l’usure des dents (en revanche, avec le développement de sucres favorisant les bactéries buccales, on voit apparaître et se multiplier les caries dentaires ...).

Il n’est pas encore question de pain, mais de bouillies et de galettes non levées. L’amélioration de la nutrition eut un résultat net sur l’accroissement des populations. De nouvelles espèces de blé ne cessent d’apparaître car, dés cette époque, les agriculteurs savent sélectionner les meilleurs grains pour les cultures des années suivantes.

La culture du blé s’est imposée en raison de cette facilité de culture, mais aussi parce que l’essentiel des progrès agricoles ont été expérimentés sur lui.
Ainsi, au Moyen Âge, les fermiers des campagnes à blé européennes utilisaient la charrue à roue et le cheval. Les pays à seigle en restaient à l’araire et aux bovins. Le semoir mécanique et la moissonneuse-batteuse ont été mis au point dans les régions à blé d’Europe et d’Amérique du Nord.

La culture du blé est longtemps restée confinée au bassin méditerranéen et à l’Europe. En Europe, à la fin du XIXe siècle, la culture du blé commence par reculer, en raison de la généralisation de l’économie urbaine, du développement des moyens de transport et les moindres coûts de production en outre-mer. Cependant la culture du blé reprend son essor au cours du XXe siècle grâce aux progrès de la mécanisation, à la sélection de nouvelles variétés productrices et au développement de l’usage de fertilisants. Le blé est, au début du XXIe siècle, une des céréales les plus rentables à l’intérieur du système des prix européens.