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Nouvelle hausse du prix du pain en septembre

samedi 25 août 2007

Le prix du pain va augmenter en septembre d’environ 5 centimes. Pour une baguette classique vendue en moyenne entre 75 et 95 centimes, cela représente un coup de pouce de 5 % à 7 %.

Jusqu’à présent, en pleine envolée des cours du blé, qui faisait craindre ces derniers mois une hausse de la baguette, les boulangers s’étaient contentés de rappeler, dans un communiqué elliptique fin juin, que, depuis 1987, chaque boulangerie est libre de fixer ses tarifs. Tout juste prévenaient-ils des raisons qui pourraient faire augmenter leurs charges au troisième trimestre : hausse annuelle des salaires, accroissement éventuel des charges (énergie, loyer, emballage) et, enfin, augmentation possible des matières premières agricoles.

Mais, cette fois, c’est dit. La hausse aura bien lieu. "Sur la hausse des 5 centimes constatée dans certaines boulangeries, 2 centimes seront liés à la farine et 3 à la hausse du smic, sur lequel notre grille salariale est indexée", annonce Jacques Mabille, président adjoint de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.

La Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie (FEBPF) qui fournissent la grande distribution et la restauration prédit elle aussi une augmentation des prix dans la grande distribution. "Nos adhérents disent qu’ils vont augmenter leurs tarifs d’au moins 8 %", a souligné Nicole Watelet, secrétaire générale de la FEBPF, à l’AFP. La baguette coûte en moyenne en grande surface entre 50 et 60 centimes.

"Une augmentation de 2 % à 3 % pour prendre en compte l’impact d’envolée du cours du blé, cela paraît normal", admet François Carlier, le directeur adjoint des études de l’association de consommateur UFC-Que choisir. M. Mabille, de son côté, plaide pour une hausse totale de 5 centimes, mais condamne à l’avance les initiatives qui iraient au-delà. Après avoir régulièrement augmenté ces dernières années, le prix du pain avait déjà bondi de 5 centimes en moyenne en 2006.

Durant l’été, certains ont déjà répercuté la hausse du blé et des salaires. Depuis juillet, en effet, les moulins qui les approvisionnent en farine ont augmenté leurs tarifs, de 5 euros le quintal (100 kg) en moyenne, selon les boulangers. Une petite structure consomme de 20 à 25 quintaux par mois, une grosse de 120 à 150. Soit des hausses allant de 100 à 750 euros - la farine compte pour 10 % à 15 % dans les coûts de fabrication du pain.

SUJET MAJEUR DE LA RENTRÉE

"Les cours du blé tendre ont presque doublé en un an, passant de 130 euros il y a douze mois, à 237 euros cette année", a expliqué à l’AFP Pierre-André Masteau, secrétaire général de l’association nationale de la meunerie française. "Le blé représente entre 65 % et 70 % du prix de la farine. On peut d’ores et déjà affirmer qu’une augmentation du prix de la farine de 10 % sera largement insuffisante", selon lui.

Et la hausse se poursuit : vendredi 24 août, le cours du blé a enregistré un troisième record consécutif. Le contrat pour livraison en décembre sur le marché de Chicago a augmenté de 3 cents à 7,42 dollars le boisseau (environ 27 kg). La veille, le prix français du blé meunier pour livraison en novembre a battu son record absolu, à 239 euros la tonne. Une flambée qui s’explique par des perspectives de récoltes médiocres au niveau mondial, du fait d’une météo capricieuse. Selon l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC), la production devrait finalement tourner autour de 32,5 millions de tonnes, soit un recul de 2,5 % par rapport à 2006, déjà une mauvaise année.

"Il n’y a pas de corrélation entre prix du blé et prix du pain, dans la mesure où la céréale ne compte que pour 5 % dans la fabrication de la baguette", prévient cependant l’ONIGC. Un discours répété également, à chaque augmentation du pain, par les syndicats agricoles, qui refusent d’être tenus pour responsables. La Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie ne dit pas autre chose : "Les salaires et charges comptent pour 50 % dans le coût de la baguette, ils ont beaucoup plus d’influence sur le prix que la farine", précise M. Mabille. Mais que diront les boulangers à leurs clients ?

De fait, ces dernières années, le prix du blé n’a eu que peu de répercussions sur celui du pain, qui n’a cessé d’augmenter. En partant d’une base 100 en 1990 alors que le prix du blé est tombé à 62, celui de la farine est passé à 92, tandis que celui du pain s’est envolé à 154 !

Il n’empêche, la hausse des matières premières agricoles, les céréales et le lait en tête - et son impact sur les produits de grande consommation -, sera l’un des sujets majeurs de la rentrée. Touchés de plein fouet, les industriels de l’agroalimentaire tentent de répercuter les augmentations de coûts qu’ils subissent auprès de la grande distribution. Là aussi on peut s’attendre à de nouvelles hausses. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement, qui a fait du pouvoir d’achat l’une de ses priorités de la rentrée.

Laetitia Clavreul


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